Uropi Nove 31* Uropi Nove 31* Uropi Nove 31*

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Provòrd de diu - Proverb of the day - Proverbe du jour

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Frij mande, varmi karʒ   

          Mains froides, coeur chaud                  Kalte Hände , warmes Herz      

    Κρύα χέρια, ζεστή καρδιά               Hladne ruke, toplo srce 

Manos frías, corazón ardiente   

Koude Handen, warm hart 

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Parkà av nu viden u sosiad ane fest ?

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Novem i pasì ek tem in Martinika id i sì cansi vizo de karnavàl in Fort de France. Karnavàl vid festen, ne solem in de kebipòl, ba in tale pole id vike de isli. Je sì mol interesan id i gusì ja mol: je se u veri polki fest; tale liente, tale grupe id asosiade partinèm in ja, lu travèst sia, lu sant id dans id jeg muzik. De atmosfèr se mol festic, frami id varmic. Sim i diskrovì de Antili muzik id danse wen i konì ne bun, de Antili kokad we se uslivan, mol ric id varizen, de Antili linga Kreoli ("Kontan wé zot!" = Bunvenen!, literim Glaj vizo va!) in un vord, u geniveri kultùr we se u gusti micad od vari influjade.

Pur i pragì mo os: Parkà fest nu nemaj karnavàl in Francia ? Parkà av nu perlasen da tradisioni polki feste ? I rumèn te in mi kidad, po karnavàl, nu kide, siudì travesto na id ito od has a has po becepo komfìte o eke monete; ba je stì nun muzik id nun paràd: je sì ʒa nemaj u polki fest, ba u zoc po kide.

Tale alten feste av disvanen, id oʒe religios feste vid limiten a li strigim religios id komerki aspeke. Be Krisgèn po samp, katolike ve ito a minoci misa, altem in de bunes kaz, famile ve kogono po festijedo sam id subetàl kopo mole kodave.

In Doskia, gonim, de fest inìz un mon for Krisgèn ki de "Advent", ki de Adventi kalendar id de Adventi kron su wen un afòj u novi kirèl jaki Soldia. Sait Nikolàs ven od dom a dom po apero kodave a neti kide; he vid kovaden pa "Knecht Ruprecht" ki hi flog po kasto mali kide. Trawàn un sedia Doske fest os karnavàl we se nomen Fasching o Fastnacht. Eke jare for, i bestajì de Bretzelfest in Spair (Speyer), i spekì u kwerhori paràd ki dekoren kare id travesten liente od tale beronan vike.

Be na, Paska os se limìten a kopo cokoladi ove po kide, obwàn in Espania je vid festen tra tal u sedia "La Semana Santa" de Sait Sedia. Lu per de statuje saitis us de kerke su floridekoren barele peren su human spulde tra de strade. Be de pri dias Maji in Andalusia, je ste "La Fiesta de la Cruz" o "Las Cruces de Mayo" wan jaki plazit de poli vid dekoren ki anmezi florikrose, ki vane, caule id kupri objète. Tale ʒikas per su flamenco klade id dans sevijànas su de plazite.

Mojse je ste jok sule feste in Francia, in regione ki u krati kulturi identid wim Bretania ki Fest Nozh (Noci feste), Alzàs, Baskilànd o Oksitania (i rumèn avo bestajen u bati turnir in Set (Sète), ba altia lu av disvanen id je ste nemaj nasioni polki feste.

Mojse par "sosial vige" wim un dez av disvanen: liente av viden individene we dom bezàt unaltem ane verim formo u sosiad. In gren citàde, un kon oʒe ne siu nersane. Feste se nemaj publiki, lu av viden privati: un ve deto feste ki frame. De sin de vordi fest som av meten: od de sinad "polki fest" kotogan tal de sosiad, je av nemen de sin de Engli vordi party (u privati procepad). Altem je ste aktivide we moz vido kospeken wim "komunadi" feste: is un se futbali gusor, bestajo u matc in u stadia se u fest, wim os u konsèrt po muziki gusore. In di kategorij je ste os Kristan, Juvi o Muslimi feste, o de Cini Novi Jar we kotòg partikuli grupe id ne de tali sosiad.

In ni sosiad, human vid maj id maj ruminen a du dismeze: produtor-konsumor; sim "nasioni" feste se solem komerki usvenade. Mole feste da tipi av viden ajuten a de kalendar, ba lu se talim sinivuzi: sim se de kaz po Halloween, un anFranci fest (od Iri odvenad ba inporten od USA), de Fest Matus, de Fest Patris, Sait Valentìn, de fest liamoris, we se solem uskaze po kopo maj id maj kodave a matas, patre, liamore… Un moz imaʒino te beprù nu ve os avo u fest fratis, sestus, forgenoris, manis, ʒinus, katis, kunis, i.s.p…

I zav ne ka usvèn in alten Francivoki lande, in Swisia, in Kebèk … fest lu jok tradisioni feste ? (I zav te in Belgia karnavàl se jok ʒivi).

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Pourquoi sommes nous devenus une société sans fête ?

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J'ai récemment passé quelque temps à la Martinique où j'ai eu la chance d'assister au carnaval de Fort de France. Le carnaval n'est pas seulement fêté dans la capitale, mais aussi dans toutes les villes et villages de l'île. C'était très intéressant et j'ai beaucoup aimé: c'est une véritable fête populaire. Tout le monde, tous les groupes, les associations y participent. On se déguise, on chante, on danse, on fait de la musique. L'ambiance est très chaleureuse, amicale, festive. C'est ainsi que j'ai découvert la musique et les danses antillaises que je ne connaissais pas très bien, la cuisine qui est excellente, très riche et très variée, la langue des Antilles: le créole "Kontan wé zot" (= bienvenue, lit. "contents de vous voir"), en un mot, une authentique culture fruit de diverses influences.

Mais je me suis également demandé: Pourquoi ne fête-t-on plus le carnaval en France ? Pourquoi a-t-on perdu toutes les fêtes populaires ? Sommes-nous devenus une société sans fêtes ? Je me souviens que dans mon enfance, pour le carnaval, nous les enfants, nous nous déguisions et faisions du porte à porte pour recevoir des bombons ou un peu d'argent, mais il n'y avait pas de musique, ni de défilé: ce n'était déjà plus une fête populaire, mais quelque chose pour les enfants.

Toutes les autres fêtes ont disparu, même les fêtes religieuses se limitent à leur aspect strictement religieux et commercial. A Noël, par exemple, les catholiques vont à la Messe de Minuit, sinon, dans le meilleur des cas, les familles se réunissent pour festoyer ensemble et surtout acheter beaucoup de cadeaux.

En Allemagne, au contraire, la fête commence un mois avant Noël avec l'Avent: le calendrier de l'Avent, la couronne de l'Avent sur laquelle on allume une nouvelle bougie chaque dimanche. Saint Nicolas passe de maison en maison pour apporter des cadeaux aux enfants sages; il est accompagné de Knecht Ruprecht avec son fouet pour punir les enfants méchants. Pendant une semaine, les Allemands fêtent aussi le carnaval que l'on appelle Fasching ou Fastnacht. J'ai assisté à Spire (Speyer) à la Bretzelfest où j'ai suivi pendant 4 heures un défilé de chars décorés et de personnes déguisées venant de chaque village alentour.

Chez nous, Pâques se limite à acheter des oeufs en chocolat pour les enfants, alors qu'en Espagne, on fête la Semana Santa (semaine sainte) pendant une semaine entière. On sort les statues des saints des églises et on les promène à travers les rues sur d'énormes "brancards" décorés de fleurs et portés sur les épaules. Aux premiers jours de mai, en Andalousie, on fête les Cruces de Mayo ou Fiesta de la Cruz (les croix de mai ou fête de la croix) où chaque petite place de la ville est décorée d'immenses croix de fleurs, d'éventails, de châles et d'objets de cuivre. Toutes les filles portent des robes de flamenco et dansent des sévillanes sur les places.

Il y a peut-être encore de telles fêtes en France dans des régions à forte identité culturelle comme la Bretagne avec ses Fest Nozh, l'Alsace, le Pays Basque, l'Occitanie (je me souviens avoir assisté aux joutes nautiques de Sète), mais ailleurs elles ont disparu et il n'y a plus de fêtes populaires "nationales".

Peut-être est-ce dû au fait que le "lien social", comme on dit, a disparu, les gens sont devenus des individus qui habitent l'un à côté de l'autre sans vraiment former une société. Dans les grandes villes, on ne connaît même pas son voisin. Les fêtes ne sont plus publiques, elles sont devenues privées: on fait la fête avec ses amis. D'ailleurs le sens même du mot fête a changé, de "fête populaire", le mot a pris le sens du mot anglais party (réception privée). Par ailleurs, il existe des activités qui peuvent être considérées comme des fêtes "communautaires: si l'on est supporter de football, assister à un match dans un stade est une fête, de même qu'un concert pour les fans de musique. Dans cette catégorie, il y a aussi les fêtes chrétiennes, juives ou musulmanes, le Nouvel An Chinois… qui concernent des groupes particuliers et non la société dans son ensemble.

Dans notre société, l'homme est de plus en plus réduit à deux dimensions: producteur-consommateur, et de ce fait, les fêtes "nationales" se réduisent à leur dimension commerciale. De nombreuses "fêtes" de ce type ont été ajoutées au calendrier, mais elles sont vides de sens: c'est le cas d'Halloween, fête non-française (d'origine irlandaise, mais importée des Etats-Unis), la Fête des Mères, la Fête des Pères, la Saint Valentin, fête des amoureux, qui ne sont que l'occasion d'acheter encore plus de cadeaux aux mères, aux pères, aux amoureux… On peut imaginer que nous aurons bientôt la fête des frères, des soeurs, des grands-parents, des hommes, des femmes, des chats, des chiens, etc…

Je ne sais pas ce qui se passe dans les autres pays francophones, en Suisse, au Québec… y fête-t-on encore les fêtes traditionnelles ? (Je sais qu'en Belgique le carnaval est toujours vivant).

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Why have we become an unfestive society ?

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I spent some time recently in Martinique where I had the opportunity to see the carnival in Fort de France? The carnival is not only celebrated in the capital but also in every town and village on the island. It was very interesting and I liked it very much: it is a very popular event. Everybody, all groups and associations take part, putting on fancy dress, singing and dancing and making music. The atmosphere is festive, friendly and warm. I thus discovered West Indian music and dances which I didn't know very well, West Indian cooking, which is excellent, rich and varied, and the local language: Creole "Kontan wé zot" (= welcome, lit "glad to see you"), in short an authentic culture which is a blend of various influences.

But I also wondered: Why don't we celebrate the carnival in France anymore ? Why have we lost all those traditional popular festivals ? Have we become an unfestive society ? I remember that, as a child, at carnival time we used to dress up and go from door to door to get some sweets or a few coins, but there were neither parades nor music: it was already no longer a popular festival but something for children.

All the other fetes have disappeared, even religious feasts are strictly limited to their religious and commercial aspects. On Christmas Eve for example catholics attend midnight mass, otherwise, in the best of cases, families gather for a common feast, and above all buy a lot of presents.

In Germany on the other hand, the festive period starts one month before Christmas with Advent, Advent calendars and Advent wreaths on which a new candle is lit every Sunday. Saint Nicholas goes from door to door to bring presents to nice children; he is accompanied by Knecht Ruprecht with his whip to punish naughty children. For a week Germans also celebrate carnival which they call Fasching or Fastnacht. I attended the Bretzelfest in Speyer where I watched a four-hour parade with flower-decked floats and dressed up people from all the surrounding villages.

In France, Easter is also limited to buying chocolate eggs for children whereas in Spain they celebrate the whole Holy Week "la Semana Santa". They take the statues of saints out of the churches on enormous flower-decorated stretchers carried on human shoulders through the streets. On the first days of May in Andalucia, there is the Fiesta de la Cruz or Cruces de Mayo (the Cross Festival or the May Crosses) when every little square in town is decorated with huge flower-crosses, with fans, shawls and brass objects. All girls wear flamenco dresses and dance sevillanas on the squares.

There may still be similar festivals in France in regions with a strong cultural identity like Brittany with their Fest Nozh (night fetes), Alsace, the Basque country or the Occitan regions (I remember attending water tournaments in Sète), but elsewhere they have disappeared and there are no longer any "national" popular festivals.

Perhaps because "social links", so to speak, have disappeared, people have become individuals who live next to each other but don't really form a society. In large cities they don't even know their neighbours. Fetes are no longer public; they have become private: you have parties with your friends. The very meaning of the word fête in French has changed: from the sense of public fete to that of a private party. Otherwise, some other activities may be considered as festive, as "community" feasts: when you are a football fan and you attend a match on a football field, you're celebrating, and so is the case for music fans who attend a concert. Christian, Jewish or Muslim feasts or the Chinese New Year, for example, also fall into this category: they concern particular groups, but not society as a whole.

In our society people are more and more reduced to two dimensions: producer-consumer, and thus "national" festivals are only commercial events. Many "festivals" of this type have been added to the calendar, such is the case for Halloween, a very un-French fete (which was Irish originally, but has been imported from the USA), then we have Mothers' Day, Fathers' Day, Valentine Day for lovers, which are only opportunities to buy more and more presents for mothers, fathers, lovers… We may well imagine that soon we'll have a Brothers' Day, Sisters' Day, Grand-parents' Day, a Men's Day, a Women's Day, a Cats' Day, a Dogs' Day, etc…

I don't know whether other French-speaking countries like Switzerland or Quebec still celebrate traditional festivals (I know that in Belgium carnival celebrating is still very popular).

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