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* Uropi Nove 91 * Uropi Nove 91 * Uropi Nove 91 *

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kastèl

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De alten dia venì mo de zel skrivo u miki sag, ba ne de tradisioni sag ki fejas id saras, maʒiki stike id flevan tapìze, ba priʒe wa un nomì in 18i suntjàr "u filosofic sag"

"De filosofic sag", literaturi genar genen in 18i suntjàr se u fiksioni storij, kritikan de sosiad id de mogad po tradavo ideas id filosofic kocepe: de siude nobladi, politiki regìme, religios fanatik id os eke filosofic strome. Je nem de struad u sagi id uz eke formule sagis wim "je stì unvos", po apìto de censùr…"

 https://fr.wikipedia.org/wiki/Conte_philosophique

In Francia, Voltaire sì de mastor de filosofic sagi, ba naturim un moz ne koeglo di miki, anvezi sag ki de varke Voltairi.

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L'autre jour m'est venue l'envie d'écrire un petit conte, non pas un conte traditionnel avec des fées et des sorcières, des baguettes magiques et des tapis volants, mais plutôt ce qu'on appelait au 18e siècle "un conte philosophique".

"Le conte philosophique, genre littéraire né au XVIIIe siècle, est une histoire fictive, critique de la société et du pouvoir en place pour transmettre des idées, concepts à portée philosophique : mœurs de la noblesse, régimes politiques, fanatisme religieux ou encore certains courants philosophiques. Il reprend la construction du conte et utilise certaines de ses formulations comme "il était une fois", dans le but de se soustraire à la censure …"

En France, Voltaire fut le maître du conte philosophique, mais bien entendu, il n'est pas question de comparer ce petit conte sans importance avec une oeuvre de Voltaire.

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The other day I felt the urge to write a little tale, but not a traditonal tale with fairies and witches, magic wands and flying carpets, but rather what was called, in the 18th century, a "philosophical tale".

"The philosophical tale", a literary genre born in the 18th century, is a fictional story, criticizing the society and the power, in order to convey ideas and philosophical concepts: the morals of the gentry, political regimes, religious fanaticism or certain philosophical movements. It takes up the structure of a tale and uses some of its formulas such as "once upon a time there was" in order to elude censorship…"

In France, Voltaire was the master of the philosophical tale, but of course this little unimportant tale cannot be compared with Voltaire's works in any way.

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narpri

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De Nar Prins

Je stì unvos, in u dali imperia, u jun lovi prinsa nomen Europa. Ce sì usordenim bel; ce sì ne blondi ki blu oje, wim eki senine dezì: lu avì siurim perlasen eke od li menti ablide, id andubim komicì ca ki u ʒika li junadi o li soinis… u bela wen lu konì for de Gren Wer we nerim distruì tal de imperia. Ne, ce avì klar glen oje, od u luci glen we semì meto klore wim mar ki de jeg nolbis id soli. Ci kevile sì kastàni ki roʒ id blondi rucije slogan de luc. Ci kut sì lejim solibranen par ce gusì ʒe mol pasìto id ʒivo in opren al. Wim ce sì talvos glaj id smijan, talun liamì ca.

Ov da prinsa avì genen mole legende. Ekune dezì te, in un od de maj veti lingas de imperiu - odia dod longim oblasen -, ci nom sinì "magi oje" o "lati viz", id te ce vidì nomen sim par de belad ci ojis. Un alten legènd dezì te de raj de veti dojis, we ʒivi su u hol snevi bor ekia in sud, inliamì ki ca id, neman de form u bij tauri, apdutì ca id snivan tra mar, perì ca a un isel wo he sedutì ca.

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Le Prince Noir

Il était une fois, dans un lointain empire, une jeune et jolie princesse qui s'appelait Europa. Elle était extraordinairement belle; non pas blonde aux yeux bleus, comme le disaient certains vieillards qui avaient sans doute perdu une partie de leurs facultés mentales, et la confondaient à coup sûr avec une fille de leur jeunesse ou de leurs rêves … une belle qu'ils avaient connu avant la Grande Guerre qui détruisit l'empire dans sa quasi totalité. Non, elle avait les yeux clairs et verts, d'un vert lumineux qui semblait changer de couleur comme la mer avec le jeu du soleil et des nuages. Ses cheveux étaient châtain avec des reflets roux ou blonds selon la lumière. Sa peau était légèrement hâlée car elle aimait beaucoup se promener et vivre au grand air. Comme elle était toujours gaie et souriante, tout le monde l'aimait.

Autour de la princesse étaient nées de nombreuses légendes. Certains affirmaient que, dans une des plus anciennes langues de l'empire - aujourd'hui depuis longtemps oubliée - son nom signifiait "grands yeux" ou "large vue", et qu'on l'avait nommée ainsi à cause de la beauté de ses yeux. Une autre légende disait que le roi des anciens dieux, qui vivait sur une haute montagne enneigée, quelque part dans le sud, s'était épris d'elle et, prenant la  forme d'un taureau blanc, l'enleva et l'emporta sur la mer, jusqu'à une île où il la séduisit.

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The Black Prince  

Once upon a time in a far-away empire there lived a pretty, young princess whose name was Europa. She was exceptionally beautiful; not fair-haired and blue-eyed as some old men said: they certainly had lost some of their faculties and probably confused her with some girl of their youth or of their dreams - a beauty they had known before the Great War that had nearly destroyed the whole empire. No…, she had clear green eyes, a luminous green which seemed to change colour with the interplay of clouds and sunshine. Her hair was chesnut-brown with red and blond hues according to the light. She had a slight tan because she loved going for walks and living in the open air. As she was always cheerful and smiling, people loved her.

The princess became the subject of legend. Some said that, in one of the oldest languages of the empire - which had long been forgotten - her name meant "large eyes" or "broad sight", and that she was given this name because of the beauty of her eyes. Another legend said that the king of the ancient Gods, who lived on a high snow-capped mountain somewhere in the south, fell in love with her, and, in the shape of a white bull, abducted her, and, swimming across the sea, took her to an island where he seduced her.

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glenoje

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In ci karòz trajen pa kwer flelen taure, ce trarenì de land, id talia ce haltì po voko ki liente obe ric id pavri. Ce sì sa frami id bundavi ki tale te de polk adorì ca. A pavrine ce davì gorn po mako pan o govas pote lu av lik id butir id kiz, o olivare po mako ol, vinas po mako vin. Id os ce provitì a tale fric frute id vegume id tale sorte domibestis: galas, ande, gose, ovine, kadas… Sim talia su ci vaj, liente morì nemaj od fam, ba ʒivì ʒe bun. Tale sperì te un dia ce videv imperora id governev de land.

Laj, da sì solem u soin. Num de imperia sì regen ernimandim pa de Nar Prins. Pos de Gren Wer we avì agonen de Mogade Murkis a de polke d'imperiu ki li uslandi aligene, wan de forse Mali vidì biten id anìten ki li kebipol Barsivik kopolem distruen tis de posni kam, de viktan polke becizì te lu volì nemaj prinse o raje o imperore. Lu volì uscepo som li regore po u limiten periòd: 4 o 5 o 7 jare, ov da nekun kovenì. Tale mimbore de polki doʒì, be u daven dia, seto papirite ki de nom u kandidàti in u gren kist. Daz ki de grenes numar papiritis ki hi nom videv de novi regor. Lu nomì da sistèm ki u vord nemen od de veti linga: "demokratij", da se de "governad polki". Be inìz tal semì funsiono mol bun: wan de polk sì ne satizen ki u regor, lu uscepì un alten, ba molvos, lu prigusì uscepo talvos de som regore.

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Dans son carrosse tiré par quatre taureaux ailés, elle parcourait le pays, et partout s'arrêtait pour parler aux gens riches ou pauvres. Elle était si aimable et si généreuse avec tout le monde que le peuple l'adorait. Aux pauvres elle donnait du blé pour faire leur pain ou des vaches pour qu'il aient du lait, du beurre et du fromage, ou bien des oliviers pour faire leur huile, ou des vignes pour faire leur vin. Elle offrait aussi à tous des fruits et légumes frais et toute sorte d'animaux domestiques: poules, canards, oies, moutons et chèvres… Si bien que partout où elle passait, les gens ne mouraient plus de faim, mais vivaient bien. Tous espéraient qu'un jour elle deviendrait impératrice et gouvernerait le pays.

Hélas, ce n'était qu'un rêve. Pour l'heure, l'empire était dirigé d'une main de fer par le Prince Noir. Après la Grande Guerre qui avait opposé les Puissances des Ténèbres aux peuples de l'empire et à leurs alliés étrangers, quand les forces du Mal furent vaincues et anéanties ainsi que leur capitale Barsivik, rasée jusqu'à la dernière pierre, les peuples vainqueurs décidèrent qu'ils ne voulaient plus de princes ni de rois ni d'empereurs. Ils voulaient choisir leurs propres dirigeants pour une durée limitée: 4 ou 5 ou 7 ans, personne n'était d'accord. Tous les membres du peuple devaient, en un jour donné, mettre de petits papiers avec le nom d'un candidat dans une grande boîte. Celui qui obtiendrait le plus grand nombre de papiers où était inscrit son nom deviendrait le nouveau dirigeant. Ils donnèrent à ce système un nom emprunté à la langue ancienne: "démocratie". Au début, tout sembla très bien fonctionner: quand le peuple n'était pas satisfait d'un dirigeant, il en choisissait un autre, mais bien souvent, il préférait choisir toujours les mêmes dirigeants.

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narprins

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In her coach drawn by four winged bulls she used to travel across the country and everywhere she stopped to talk to people, rich and poor alike. She was so friendly and generous that everybody loved her. To poor people she gave grain to make bread, or cows so that they might have milk, butter and cheese, or olive-trees for oil, or vines to make wine. She also supplied everybody with fresh fruit and vegetables and all kinds of domestic animals: hens, ducks, geese, sheep, goats… Thus, everywhere on her way people were no longer starving, but living decently. Everybody hoped that one day, she might become the empress and govern the country.

Alas! That was only a dream. Now the empire was governed with an iron hand by the Black Prince. After the Great War that opposed the Powers of Darkness to the peoples of the empire and their foreign allies, when the Evil forces were defeated and annihilated, and their capital Barsivik completely destroyed down to the last stone, the victorious peoples decided that they no longer wanted either princes, or kings or emperors. They wanted to choose their own rulers themselves, for a limited period: 4 or 5 or 7 years… nobody could ever agree on this. Every member of the people should, on a given day, put a little piece of paper with the name of a candidate into a big box. He who got the largest number of little papers with his name on them would become the ruler. A word taken from the ancient tongue was used for this system : "democracy", that is the "government of the people". At the outset everything seemed to run fairly smoothly: when the people were not satisfied with a ruler, they chose another; but, very often, they always preferred to choose the same rulers.

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Pur, gradim, de prinse ruvenì. Un vizì eke od la faro pas in li ric karoze; eke inizì struo mol bel kastele zi id za, o navo aròn in enormi magibèl nave. Id, obte de polk proitì regulim seto papirite in de kiste, id de uscepen kandidate proitì festo li viktade ki kaviàr id campàn id suntade goste, un inizì oro un dia te in realad d'imperia sì in de mande u nar prinsi.

Nekun konì ʒe ha par he inronì sia ki misterij. He vidì nomen sim par he sì talvos vesten ki u nar armèl, id perì talvos u nar kluzen helm, wen he nemì ap nevos, be de rari vose wan he itì us hi kastèl siten in Kaulipol, de novi kebipol d'imperiu. Ekune dezì oʒe te hi fas sì sa huri id disformen te he vozì ne diko ja in publik.

He itì solem us po kogono hi koradore, o bunes dezen, po davo hi ordèze a hi servane. Nekun konì hi nom; ekune averì te hi nom sì Finens, altene te he sì nomen Globol, ba indèt nekun zavì ja id oʒe ne is he avì u nom. De Nar Prins sì krual id talmogan; he sì ne interesen ov feste, ceremonije, festijede, nè ov balas id muzik, nè ov ʒinas, nè ov eni prijade ʒivi. Hi uni pasiòn sì akumo ricade, gori monete, juvle, prizic kame; hi sist a denie sì anusticli, anstopi. He sì kracan de polk ude takse: lu doʒì pajo po tal: takse su nure, takse su pive, takse su medikle, takse su vaize, su de mines farad… simte mole doʒì vendo li posni kwale id li posni asle: lu mozì nemaj nuro la, nè pajo de takse po raito la.

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prinse

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Cependant, peu à peu, les princes revinrent. On en vit certains passer dans leur riche carrosse; d'autres se mirent à construire, ici et là, de magnifiques châteaux, ou à se promener sur de splendides bateaux. Et bien que le peuple continue à mettre régulièrement de petits papiers dans les boîtes, et que les candidats choisis continuent à célébrer leur victoire avec du champagne et du caviar et des centaines d'invités, on entendit un jour dire, qu'en réalité, l'empire était aux mains d'un prince noir.

Personne ne le connaissait vraiment car il s'entourait de mystère. On l'appelait ainsi car il était toujours revêtu d'une armure noire et portait toujours un casque noir fermé qu'il n'enlevait jamais, les rares fois où il sortait de son château situé au coeur de Kaulipol, la nouvelle capitale de l'empire. Certains disaient même que son visage était si laid et si déformé qu'il n'osait pas le montrer en public.

Il ne sortait que pour rencontrer ses conseillers, ou plutôt donner des ordres à ses serviteurs. Personne ne connaissait son nom; certains affirmaient qu'il s'appelait Phynens, d'autres Globol, mais en réalité personne ne le savait; on ne savait même pas s'il avait un nom. Le Prince Noir était cruel et tout-puissant; il ne s'intéressait ni aux fêtes, ni aux cérémonies, ni aux festins, ni aux bals et à la musique, ni aux femmes, ni à aucun des plaisirs de la vie. Son unique passion était d'accumuler des richesses, des pièces d'or, des joyaux, des pierres précieuses; sa soif de posséder était insatiable, sans limites. Il écrasait le peuple sous les impôts: il fallait payer pour tout: impôts sur la nourriture, impôts sur les boissons, sur les médicaments, taxes sur les voyages, sur le moindre déplacement… si bien que beaucoup durent vendre leurs derniers chevaux et leurs derniers ânes car il ne pouvaient plus les nourrir ni payer la taxe pour les monter.

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Yet, gradually, the princes came back. Some could be seen riding along in their rich carriages, others started building beautiful castles here and there, others still were seen sailing around in huge, magnificent boats. And, though the people went on putting little papers into the boxes at regular intervals, and the chosen candidates kept celebrating their victories with caviar and champagne and hundreds of guests, someone heard one day that in fact, the empire lay in the hands of a black prince.

Nobody really knew him for he surrounded himself with mystery. He was given that name because he was always wearing black armour and a closed black helmet that he never took off on the rare occasions when he came out of his castle in Kaulipol, the new capital of the empire. Some people said his face was so ugly and distorted that he never dared to show it in public.

He only came out to meet his counsellors, or more precisely, to give orders tphis servants. Nobody knew his name: some claimed he was called Phynens, others Glauble, but in fact, nobody knew for sure, and didn't even know if he had a name. The Black Prince was cruel and almighty; he was neither interested in parties, nor in ceremonies and banquets, nor in balls and music, nor in women, nor in any pleasure in life. His only passion was to accumulate wealth, gold coins, jewels, gems… his thirst for money was boundless and unquenchable. He was crushing the people with taxes; they had to pay for everything: taxes on food, taxes on drinks, taxes on medicines, taxes on travelling even on the shortest trip… so that many people had to sell their last horses or donkeys: they could no longer feed them, nor pay the taxes to ride them.

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carcan

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Be som tem avì asemen novi baròne in de servìz de Nar Prinsi. Lu produtì id transportì nure id tale objète nuden in diali ʒiv wim veste, skobe id sele…, id detì liente varko po la. Naturim da baròne pajì ne takse id vidì spelim ric.

Pur, obte hi mogad, o mojse par hi mogad sì sa anmezi, de Nar Prins avì inizen skuro… Prinsa Europa sì vidan mol tio populari. Ke zav is un dia de polk mojev ne oplivo sia ? Sim he becizì invito de prinsa a hi palàz in Kaulipol.

Prinsa Europa, wim mole ʒikas id jun ʒinas in da dali teme sì u poj naìvi. Ce kreì te de prins sì ne os krual te un dezì, te he vidì pej koraden id te, is ce disvokev ki ha id retalev ho ov ci usperije id vaize tra tal de land, ce mozev kovikto ha vido min krual id maj bundavi ki de polke… Ce avì os de mati sper duto ha us de palàz id vaizo ki ha tra d'imperia pote he moz kogono hi polke.

Indèt de Nar Prins sì mol neti id carmi ki ca, talvos mol glaj id laran. He skucì atensim tal wa ce dezì id probasì co trameno ov ja id davo co hi ruvòk be de slogan morna pos u bun resi noc. Ba de slogan morna, de prinsa sì ne za. De servane de prinsi avì drogen ci pive id suprù wan ce avì insopen, lu avì graben ca id inklijen ca in un od de duves karse graven in de roke ude de kastèl. Prinsa Europa sì inkarsen po ʒiv.

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C'est à cette époque qu'apparurent de nouveaux barons au service du Prince Noir. Ils produisaient et transportaient les vivres et toutes sortes d'objets indispensables à la vie courante comme des vêtements, des balais ou des chaises… et faisaient travailler les gens pour eux. Bien entendu ces barons-là ne payaient pas d'impôts et ils devinrent rapidement très riches.

Cependant, en dépit de sa puissance, ou peut être en raison de l'immensité de sa puissance, le Prince Noir commençait à s'inquiéter… la Princesse Europa devenait beaucoup trop populaire. Qui sait si un jour le peuple n'allait pas se soulever ? C'est alors qu'il décida d'inviter la princesse dans son palais de Kaulipol.

La princesse Europa, comme beaucoup de jeunes filles et de jeunes femmes de cette époque lointaine, était un peu naïve. Elle croyait que le prince n'était pas si cruel qu'on le disait, qu'il était mal conseillé et que, si elle lui parlait et lui racontait tout ce qu'elle avait vu et vécu pendant ses voyages à travers le pays, elle pourrait le convaincre d'être moins cruel et plus généreux envers le peuple… Elle nourrissait également le fol espoir de pouvoir le conduire hors du palais et le faire voyager à travers l'empire afin qu'il puisse rencontrer ses peuples.

En fait, le Prince Noir fut particulièrement agréable et charmant avec elle, toujours très gai et prêt à rire. Il écouta attentivement tout ce qu'elle avait à lui dire, et lui proposa d'y réfléchir et de lui donner sa réponse le lendemain, après une bonne nuit de repos. Mais le matin suivant, la princesse n'était plus là. Les serviteurs du prince avaient drogué sa boisson et dès qu'elle s'endormit, ils 'emparèrent d'elle et l'enfermèrent dans un sombre cachot creusé au plus profond de la roche, sous le château. La princesse Europa était enfermée à vie.

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kavikerk

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At that time, there appeared new barons in the Black Prince's service. They produced and distributed food and all the items needed in daily life: clothes, brooms, chairs… and they made people work for them. Of course those barons didn't pay any taxes and they soon got immensely rich.

Yet in spite of his powers, or perhaps because his powers were so immense, the Black Prince had begun to worry… Princess Europa was becoming far too popular. Who knows if one day the people might not rise up ? So he decided to invite the princess to his palace in Kaulipol.

Princess Europa, like many girls and young women in those distant days, was a little naive. She believed that the prince wasn't as cruel as people said, that he had been badly counselled, and that if she could talk to him and tell him about her experiences and travels all over the country, she could convince him to be less cruel and more generous towards his peoples… She also had the mad hope that she could lead him out of his palace and travel with him around the empire so that he might meet the population.

Indeed the Black Prince was very charming and nice to her, cheerful and laughing all the time. He listened very attentively to everything she said and promised he would think it over and give her his answer on the following day, after a good night's sleep. But in the morning, the princess was no longer there. The prince's servants had drugged her drinks and as soon as she fell asleep, they grabbed her and locked her up in one of the deepest dungeons that had been dug into the rock under the castle. Princess Europa was imprisoned for life.

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De servane id soldate de Nar Prinsi lasì reno de rumad te de prinsa avì doʒen reno spel ap de palàz in de noc par ce avì becepen pej nove od ci siavi kastèl. Nekun vizì ca revos.

Midwàn, in un od de sudi provinse d'imperiu, de situasiòn avì viden mol pej. Talia de regore, unvos uscepen pa de polke, vidì mol diarim pajen pa de Nar Prins pote lu det ne de reforme wen lu avì prodezen, id te lu staj in de servìz de prinsi. Sim talia liente sì vidan maj id maj pavri, pajan talvos maj takse. Ba in da sudi provìns je sì jok pejes. Dod jare de regore, instà davo tal de prodùt de taksis a de Nar Prins, avì garen de mijad po sia id celen ja in eke monastire uslànd. Wan de Nar Prins diskrovì da, he itì in u stragi irgad, uspragan te de sudi provìns paj anmidim tale de denie wen li regore avì roben. Da sì un enormi deb, dod sa longim akumen. Stranim ʒe he akulpì ne de regore we avì aven tem po fligo ap uslànd. He duplizì id triplizì de takse wen de polk doʒì pajo id be som tem he uspragì te de provìns id de lokal baròne anìz de solde varkoris po sparo denie id mozo rupajo de deb. De prins sendì tri od hi koradore a de provìns po insiuro te tale di meze vidì inkraten.

Naturim de klosloge po de polk sì tragic: mole liente perlasì li vark, altene becepì solde sa nizi te lu mozì nemaj ʒivo id nuro li famile; idmàj de june mozì nemaj findo vark. Mole liente doʒì ito ru a de vike, wo bemìn je stì gardine, po ne moro od fam, mole mozì nemaj pajo a medikore id po medikle id vido ceren, mole vidì disperen id siamurdì.

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blubar

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Les serviteurs et les soldats du Prince Noir firent courir le bruit que la princesse avait dû quitter le palais en toute hâte au milieu de la nuit parce qu'elle avait reçu de mauvaises nouvelles de son propre château. On ne la revit jamais.

Pendant ce temps, dans une des provinces du sud de l'empire, la situation était devenue très grave. Partout les dirigeants, une fois choisis par les peuples, étaient payés très cher par le Prince Noir pour qu'ils oublient les réformes qu'ils avaient promises et qu'ils restent à son service. Si bien que les gens devenaient de plus en plus pauvres tout en payant de plus en plus d'impôts. Mais dans cette province du sud, c'était encore pire. Depuis des années, les dirigeants, au lieu de livrer tout le produit des impôts au Prince Noir, en gardaient la moitié pour eux qu'ils cachaient dans des monastères en dehors du pays. Quand le Prince Noir découvrit cela il entra dans une colère noire et exigea que la province du sud rembourse immédiatement tout ce que ses dirigeants avaient volé. C'était une dette énorme, accumulée depuis si longtemps. Curieusement, il n'incrimina pas les dirigeants qui avaient eu le temps de s'enfuir à l'étranger. Il doubla, puis tripla les impôts que le peuple devait payer et en même temps exigea que la province et les barons locaux diminuent la paie de leurs employés pour économiser de l'argent afin de rembourser la dette. Le prince envoya trois de ses conseillers pour s'assurer que toutes ces mesures étaient appliquées.

Bien entendu, les conséquences pour le peuple furent tragiques: beaucoup perdirent leur travail, d'autres reçurent des salaires si bas qu'ils ne pouvaient plus vivre ni nourrir leur famille, et les jeunes restèrent sans emploi. De nombreuses personnes durent retourner dans les villages, où, là au moins, il y avait des jardins, pour ne pas mourir de faim. Beaucoup ne pouvaient plus payer ni le médecin, ni les médicaments pour se soigner; beaucoup étaient si désespérés qu'ils mirent fin à leurs jours.

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The prince's servants and soldiers spread the rumour that the princess had to leave the palace in a hurry during the night, because the had received bad news from her own castle. Nobody saw her again.

Meanwhile, in one of the southern provinces of the empire the situation had become very serious. Everywhere the rulers, once they had been chosen by the people, were paid a fortune by the Black Prince, not to carry out the reforms they had promised, and to remain in the prince's service. So everywhere people got poorer and poorer and paid more and more taxes. But in that southern province it was even worse. For years, the rulers, instead of handing over all the tax revenue to the Black Prince, kept half of it for themselves, and hid it in a few monasteries outside the country. When the Black Prince discovered that, he flew into a terrible rage, demanding that the province pay back all the money its rulers had stolen, immediately. There was an enormous debt that had piled up over so many years. Curiously enough, he didn't lay the blame on the rulers themselves who had the time to run away abroad. He doubled and tripled the taxes people had to pay and simultaneouly he demanded that the province and the local barons lower the workers' wages in order to save money and pay back the debt. The prince sent three of his counsellors to the province to make sure that those measures were enforced.

Of course, the consequences for the people were tragic: many lost their jobs, others received such low wages that they could no longer live and support their families; moreover young people couldn't find work any more. Many people had to go back to their villages where, at least, they had gardens that prevented them from starving. Many could no longer pay for medecines and doctors to be treated, many committed suicide out of despair.

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armen

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In alten provinse, obte de zoce sì ne os gravi, de situasiòn avì os pejiven, de liente pavrivan, perlasan li varke, mozan nemaj pajo li debe, vidan cagen us li dome… Be som tem mole liente avì inizen prago sio keste ov Prinsa Europa: Ka avì ce viden ? Parkà venì ce nemaj vizito id usdolo liente ? Ka sì ʒe da "pej nove" we avì duten ca us de palàz de Nar Prinsi be mid noci ? Talun zavì te de prinsa avì perlasen ci genore: ci mata morì eke jare pos ci genad, id ci pater, Raj Agenor morì des jare for. Prinsa Europa avì nè frat, nè sesta, ce sì un uni kida. Avì ce u sekreti liamor ? In ci siavi kastèl ? Da sì ne mol versemi. Ka avì ʒe usvenen co ?

In mole provinse liente vidì maj id maj ansatizen id inizì protesto. In eke regione lu sì sa disperen te lu superì de ideas de Mogadis Murkis wen, un kreì, avì disvanen po bun. Eke superore de Murkis vidì oʒe uscepen wim regore zi id za. De Nar Prins detì nit gon da; je semì oʒe te da liente Murkis sì servan hi intele.

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Dans les autres provinces, bien que les choses ne soient pas aussi graves, la situation avait également empiré; les gens s'appauvrissaient, perdaient leur emploi, ne pouvaient plus payer leurs dettes, étaient chassés de leur maison. En même temps, on commençait à se poser des questions sur la Princesse Europa. Qu'était-elle devenue? Pourquoi ne venait-elle plus leur rendre visite et les consoler ? Qu'étaient donc ces "mauvaises nouvelles" qui lui avaient fait quitter le palais du Prince Noir au milieu de la nuit ? Tout le monde savait que la princesse avait perdu ses parents: sa mère était morte peu de temps après sa naissance, et son père, le roi Agenor était décédé il y avait dix ans. La Princesse Europa n'avait ni frère, ni soeur; elle était fille unique. Avait-elle un amant secret ? Dans son propre château ? C'était peu vraisemblable. Que lui était-il donc arrivé ?

Dans de nombreuses provinces, les gens étaient de plus en plus mécontents et il commencèrent à protester. Dans certaines régions, ils étaient si désespérés qu'ils embrassaient les idées des Puissances des Ténèbres que l'on croyait disparues pour de bon. Certains partisans des Ténèbres avaient même été choisis comme dirigeants ici et là. Le Prince Noir ne fit rien contre cela; il semblait même que les Ténèbres servaient ses desseins.

Dans de nombreuses provinces, les gens étaient de plus en plus mécontents et il commencèrent à protester. Dans certaines régions, ils étaient si désespérés qu'ils embrassaient les idées des Puissances des Ténèbres que l'on croyait disparues pour de bon. Certains partisans des Ténèbres avaient même été choisis comme dirigeants ici et là. Le Prince Noir ne fit rien contre cela; il semblait même que les Ténèbres servaient ses desseins.

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In other provinces, though things were not as serious, the situation had also worsened: people getting poorer, losing their jobs, being unable to pay back their debts, being expelled from their homes… At the same time the population had begun asking questions about Princess Europa: What had become of her ? Why didn't she come and visit them anymore ? What was the "bad news" that had driven her out of the Black Prince's palace in the middle of the night ? Everybody knew that the princess had lost both her parents: her mother had died a few years after her birth, and her father, King Agenor had died 10 years ago. Princess Europa had neither brother nor sister, she was an only child. Did she have a secret lover ? In her own castle ? That was very unlikely. What had happened to her ?

In many provinces, the people had become more and more dissatisfied and started protesting. In a few regions, they were so desperate that they supported the ideas of the Powers of Darkness, which were believed to have disappeared for good. A few supporters of Darkness, here and there, were even chosen as rulers by the people. The Black Prince did nothing against this; the people of Darkness were even said to be serving his designs.

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Je ve proìto … à suivre … to be continued … continuará … Fortsetzung folgt … continua … συνεχίζεται … продолжение следует …